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Deux poids, deux élèves

L’argent public ne pèse pas le même poids pour chaque élève

L’État donne plus d’heures de cours aux collèges et lycées les plus défavorisés. Mais il y envoie des professeurs plus jeunes, moins payés et moins souvent agrégés : un lycéen parisien coûte encore de 10 à 12 % de plus qu’un lycéen de Seine-Saint-Denis. Et chaque année, à l’entrée en 6e, environ 61 500 élèves de plus, en solde net, rejoignent un collège privé sous contrat, financé par des fonds publics, qui accueille des élèves nettement plus favorisés que ses voisins publics.

Cinq enquêtes, dans l’ordre

  1. Les heures Qui reçoit le plus d’heures de cours par élève ? 1,39 heure de cours financée par élève et par semaine dans les collèges publics de REP+, contre 1,16 hors éducation prioritaire.
  2. Les professeurs Les mêmes professeurs partout ? Dans les lycées publics les plus favorisés, 59 % des enseignants sont agrégés ; dans les plus défavorisés, 17 %.
  3. Le coût d’un élève Ce que cela pèse en euros, Paris contre Seine-Saint-Denis Tout compris, un lycéen parisien coûte de 10 à 12 % de plus qu’un lycéen de Seine-Saint-Denis.
  4. L’entrée en 6e Quand les élèves passent-ils au privé ? À la rentrée 2025, le passage du CM2 à la 6e a fait gagner au privé environ 61 500 élèves, en solde net.
  5. Le privé et son quartier Qui le privé accueille-t-il, comparé à ses voisins publics ? Un collège privé accueille des élèves plus favorisés que ses voisins publics : +17,9 points d’indice social, en médiane.

Et ce qu’on ne peut pas savoir

Qui demande une place dans le privé, qui l’obtient, sur quels critères ; quels cours ne sont pas remplacés, et où : ces informations existent, mais elles ne sont pas publiques. Le site en fait la liste, parce que cette opacité fait partie du constat.